Eric Monga Mumba Sombe Sombe :  »Il nous faut faire des choix pour relancer l’économie en 2016 »


Eric Monga Mumba Sombe Sombe, Président de la FEC Katanga (Photo : NMN)

Eric Monga Mumba Sombe Sombe, Président de la FEC Katanga (Photo : NMN)

Double cérémonie : échange de vœux entre opérateurs économiques du Grand Katanga et lancement officiel de la revue FEC dénommée ’’LA LETTRE’’ le 26 janvier 2016 au Grand Hôtel Karavia à Lubumbashi, solennellement marquée par le discours du Président de la corporation pour le Grand Katanga, Eric Monga  Mumba Sombe Sombe.

Dans son adresse aux invités et affiliés, le Président du patronat katangais a, non seulement donné un aperçu général des différents projets réalisés par le gouvernement congolais sous l’impulsion du Président de la République Joseph Kabila Kabange ainsi que par le chef du gouvernement Augustin Matata Ponyo au cours de l’année 2015 mais, également montré aux uns et aux autres les opportunités dans divers secteurs que certains hommes d’affaires congolais n’hésiteraient pas à exploiter.

Consistant et percutant, ce discours de présentation de vœux a retenu l’attention de plusieurs personnalités parce ce qu’il retrace la situation économique du grand Katanga tout en proposant  de pistes de solutions en insistant sur l’octroi de la sous-traitance aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) locales.

Pour Eric Monga, plusieurs défis seront relevés pour 2016 notamment dans le secteur de l’énergie, l’agriculture, les mines, la sous-traitance, la fraude douanière  et les voies de communication (aérien et ferroviaire). La rédaction vous propose ci-dessous la version intégrale.

 

Monsieur l’Administrateur Délégué,

Mesdames et Messieurs les Présidents et directeurs généraux des entreprises publiques et privées,

Mesdames, Messieurs les membres de la FEC,

Mesdames, Messieurs,

Distingués Invités,

Je suis heureux de vous accueillir nombreux dans ce lieu plein de charme pour ce moment traditionnel de convivialité et d’échanges.

La rencontre de ce soir est dotée d’un double objectif à savoir la présentation des vœux pour 2016 et le lancement de la revue FEC qui fait un focus sur le Katanga, dans son ancienne configuration.

Je m’empresse, au nom de la Fédération des Entreprises du Congo, de l’ensemble de ses membres et de ses agents, ainsi qu’en mon nom propre, d’adresser à Monsieur le Commissaire Spécial du Gouvernement pour le Haut-Katanga, à ses adjoints ainsi qu’à leurs familles respectives nos vœux les meilleurs ;

Vos vœux s’adressent également aux Commissaires Spéciaux et leurs adjoints dans les provinces du LUALABA, du HAUT-LOMAMI et du TANGANYIKA.

Aux responsables des institutions  de la République dans les provinces issues du Katanga, chacun selon son rang et songrade, aux opérateurs économiques, ainsi qu’à sa population.

Que 2016 puisse vous apporter le meilleur pour vous et pour vos proches.

 

Mesdames, Messieurs,

Distingués invités

Permettez-moi d’entrée de jeu, de vous préciser que la cérémonie de présentation des vœux de la FEC à la communauté d’hommes d’affaires est une occasion de traiter de plusieurs questions qui touchent à l’économie de notre pays.

Le Président National de la FEC a eu à faire l’état de la situation économique en allant jusqu’à proposer des pistes de solution.

Je vous prie de bien vouloir découvrir son discours qui est à votre disposition auprès des services de la FEC.

A mon tour, je ferai un bref aperçu sur la situation économique de la province, j’aborderai les relations avec nos partenaires au niveau provincial, avant de chuter sur les perspectives pour 2016.

D’ores et déjà ,je profite de l’occasion qui m’est offerte pour remercier toutes les entreprises qui ont accepté de paraitre dans ce premier numéro de LA LETTRE, cette revue d’information de la Fédération des Entreprises du Congo.

 

Mesdames  Messieurs

Distingués Invités,

Notre province connaît un certain ralentissement de l’activité économique étant confrontée à des contraintes multiples et cela dans un contexte de crise économique mondiale dont le contrôle nous échappe largement.

Parmi ces contraintes, nous épinglons : le déficit énergétique qui ne cesse de s’accroître, le délabrement des certaines infrastructures de communication, le climat des affaires caractérisé par une forte pression sur les entreprises.

Il nous faut donc faire des choix pour sa relance.

Les prémisses de ces choix de relance de l’économie peuvent déjà se percevoir à travers l’adresse que le Chef de l’Etat avait tenue le 05 janvier 2015 ainsi que par ses différentes visites dans l’ex province du Katanga.

En effet, dans son adresse, le Chef de l’ Etat a offert plusieurs propositions pour booster davantage la croissance économique dans tous les secteurs tout en incitant les operateurs économiques à travailler, et ce dans, un climat plus apaisé des affaires.

Parmi ses visites, nous pouvons citer :

- sa visite à la SNCC pour la remise  18 locomotives afin de booster le transport ferroviaire,

- le lancement des travaux d’amélioration des infrastructures de communication :

*agrandissement de la route Lubumbashi-Kasumbalesa pour prendre en charge un plus grand flux de véhicules ;

*inauguration de la tour de contrôle de l aéroport international de Luano ;

*ouverture de la nouvelle route Lubumbashi-Kolwezi ainsi que le nouveau pont de Lualaba…

- la visite dans quelques sociétés minières de la ceinture d cuivre témoigne de la volonté de relancer ce secteur qui fait face à des grandes difficultés.

L’année 2015 a été une année difficile  pour plusieurs secteurs de l’économie; nous allons en épingler quelques un à savoir:

- L’Energie : l’énorme déficit énergétique est à la base de nombreux problèmes. C’est l’un de plus grands défis auxquels nous devons faire face.

Il est passé successivement de

-94 MW en 2011

-211 MW en 2012

-334 MW en  2013

-542 MW en 2014 et  a atteint le pic de

-900 MW en 2015

Ce déficit plombe notre croissance en général et contraint les entreprises à faire recours à des solutions plus couteuses entamant de ce fait leur compétitivité.

En abordant cette année 2016, l’amélioration de la situation ne sera pas au rendez-vous dans la mesure où le secteur énergétique n’enregistre pas d’investissements majeurs.

Mais à la faveur de la nouvelle loi sur l’électricité, quelques initiatives sont développées qui méritent tout de même d’être encouragées.

- En Agriculture

La production du secteur accuse un ralentissement qui risque de s’accentuer en 2016.

En effet, nos coûts de production des produits agricoles deviennent de plus en plus chers par rapport aux voisins, en l’occurrence la Zambie.

A titre d’exemple, la production d’une tonne de maïs localement est de 420 $ pour un coût de vente qui ne dépasse guère 320$, car concurrencé par des produits importés.

Ces coûts élevés sont fortement influencés par certains facteurs, dont :

* le transport et voies de communications ;

* la difficulté d’approvisionnement en intrants, équipements et semences agricoles ;

Toutes les mesures d’encadrement dans la production agricoles s’appliquent avec un grand retard et ne permettent pas de stimuler la production.

Il nous faut donc plus de réactivité, notamment avec la construction d’une usine d’intrants et d’équipements agricoles.

L’agriculture, est le secteur d’avenir qui permettra la transformation de toute notre économie et de toute notre société.

Derrière l’agriculture, il y a évidement des enjeux économiques en matière d’emplois et de matière première pour l’industrie en RDC.

- En ce qui concerne le transport ferroviaire

La SNCC devrait continuer à jouer son rôle moteur dans le transport des biens et des personnes.

L’acquisition de 32 locomotives neuves est une preuve de la volonté du Chef de l’Etat  de permettre la réduction des coûts  de production et d’exploitation ainsi que de relier les centres de production aux centres de consommation.

La réhabilitation des voies est très nécessaire et nous encourageons la SNCC qui s’est déjà lancée dans cette entreprise.

- Dans le secteur Pétrolier

Il y a lieu de saluer les efforts enregistrés dans la distribution des produits pétroliers avec comme corolaire, le paiement des droits et taxes y afférentes.

Au-delà  de la résorption des difficultés rencontrées dans le paiement des droits de l’Etat, le secteur pétrolier du Katanga particulièrement, est à l’origine du financement de la SNCC en termes de contribution à la relance du transport ferroviaire à hauteur de 10.560.000$ par an de parafiscalité réservée.

Je profite de cette tribune pour passer le message de nos membres : alors qu’ils contribuent à la relance de la SNCC, le marché de fournitures de carburant est attribué à une entreprise au niveau de Kinshasa, non directement impliquée.

La FEC demande donc plus d’équité en réservant une bonne part de ce marché aux entreprises locales, dont la plupart sont détenues par des nationaux, constituant l’émergence de la classe moyenne, cheval de bataille du Chef de l’Etat.

- Concernant les Mines : la production minière, qui est moteur de croissance, connait plusieurs difficultés réelles.

En prenant juste l’exemple du cuivre, la production est passée de 19.000t en 2002 à plus d’un million de tonne en 2014 et a connu une baisse en 2015, pour se situer au tour de 996.000t.

Les conséquences de cette baisse sont dramatiques pour les emplois.

En effet, le Groupe Minier Glencore a suspendu pour 18 mois les activités de la société Kamoto Copper Company (KCC) pour moderniser ses installations de traitement afin de réduire  les coûts. 1.200 travailleurs ont reçu leur décompte final.

Sept autres entreprises viennent d’annoncer  la réduction ou même l’arrêt de leurs activités : il s’agit de KIMIN SAS; MIKAS; CDM; MMG; TFM; BOSS MINING.

Au regard de la baisse des cours des principaux produits, des ajustements en terme de mesures incitatives doivent être opérés en vue de soutenir la production minière.

Sur le Climat des affaires

Sur instruction du Chef de l’Etat, le premier Ministre a tenu durant l’année 2015 sept rencontres avec la FEC/Katanga en vue d’améliorer le climat des affaires.

Ces rencontres ont permis  de diminuer sensiblement les tracasserie, la fraude douanière et le phénomène Bilanga, tout en accroissant la bonne collaboration avec les services étatiques, principalement avec DGDA.

Néanmoins, il s’installe un autre phénomène :  »les inspecteurs des finances » qui font le travail quotidien des autres Régies financières en leurs lieux et places et sont à la base de plusieurs tracasseries dans nos entreprises privées. Il en est  de même de plusieurs missions de contrôles venant de Kinshasa, notamment dans le domaine de l’environnement.

Suite à ces tracasseries, certains opérateurs économiques ont été décapitalisés et ont même fermé leurs entreprises. D’autres par contre ont vu leurs chiffres d’affaires baisser et quelques points de vente fermés.

Il est également à signaler que depuis fin 2014, des entreprises ont suivi des grandes pertes lors de l’incendie survenu à Kasumbalesa.  A ce jour, ces entreprises attendent d’être indemnisées sans savoir au juste, auprès de qui, comment et quand cela se fera-t-il ?

En ce qui concerne la sous-traitance

La fracture entre les donneurs d’ordre et les entreprises locales proposant des services est encore énorme. Plusieurs entreprises sont encore dans  des pratiques peu recommandables en créant des branches qu’elles pouvaient confier aux sous-traitants locaux ou en recourant à leurs filiales situées à l’étranger.

J’exhorte ces entreprises donneuses d’ordre à faire confiance aux locaux à qui je recommande une mise à niveau, afin d’assurer une bonne exécution des travaux et services leur confiés.

J’appelle de tous mes vœux la mise en place  d’une plateforme de sous-traitance permettant ainsi à tous d’être informés des opportunités qui s’offrent.

La zone économique de l’ex-province du Katanga est une province d’avenir. L’esprit et  le dynamisme des entrepreneurs se développent de plus en plus  et les potentialités s’y prêtent.

En effet, l’ouverture actuelle du monde et l’appartenance du Congo à la SADC et au COMESA, feront du Katanga une région forte ou faible, selon le choix que chacun à son niveau donnera.

 

Mesdames Messieurs,

Distingués Invités

En améliorant les infrastructures et en se positionnant comme un îlot économique  régional, nous pouvons accroitre notre croissance au-delà du secteur  minier.

Je cite à titre d’exemple :

- L’utilisation de la sous-traitance congolaise ;

- La création d’un  hub ferroviaire à Kamina ;

- La réhabilitation complète de la voie ferrée de Dilolo ;

- Le désensablement du port de Kalemie ;

- La construction des ponts de Nyemba et de Luapula ;

- L’élimination des tracasseries des voyageurs à l’aéroport international de la Luano.

A ce propos, un appel particulier est lancé au Commissaire Spécial du Gouvernement  pour le Haut-Katanga, de bien vouloir  veiller aux problèmes des tracasseries et de propreté de l’aéroport de la Luano. Particulièrement lors des vols internationaux au départ et à l’arrivée, principalement dans la salle des bagages.

 

Mesdames Messieurs,

Distingués Invités,

Parlant des nos partenaires, la Fédération des Entreprises du Congo salue la collaboration avec les partenaires bi et multilatéraux, particulièrement :

- le BIT (Bureau International du Travail)

- la Coopération Allemande par le biais de la GIZ dans son projet Bonne Gouvernance dans le Secteur Minier.

- la CTB dans son Projet EDUCAT,

- l’UNICEF, le Centre Wallonie Bruxelles, Vision Mondiale, pour leur ouverture envers les activités de la FEC en faveur de ses membres.

Nous saluons la coopération avec la République Sud-Africaine ; une coopération qui a permis d’organiser deux missions économiques  à Johannesburg et de recevoir  une mission à Lubumbashi avec la clé, la signature des accords entre entreprises.

Nous saluons également tous les services  de l’Etat qui sont dans cette dynamique de répondre  aux préoccupations du monde des affaires. J’ai cité  la DGDA, l’OCC,  la DGI,  la DGRAD, le FPI, l’ANAPI, la DGM, l’OFFICE DES ROUTES, l’ACGT …

La FEC va continuer à les solliciter et espère en retour avoir toujours une meilleure collaboration.

 

Mesdames Messieurs,

Distingués Invités

Avant de terminer mon propos, je voudrais saluer le travail abattu par les différents mandataires  de notre Fédération (présidents des commissions et des  comités professionnels) ainsi que les agents de la FEC qui ont rendu effectif les services offerts par la FEC aux entreprises et faire rayonner notre organisation.

C’est l’occasion par ailleurs, pour moi d’inviter les entreprises, entrepreneurs et hommes d’affaires, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, à se joindre à la communauté d’hommes d’affaires afin de bénéficier de son réseau de services, de contacts et de ses accompagnements.

La FEC continuera, cette année encore, à participer au débat public en apportant son éclairage  et son expertise  sur des sujets d’importance pour notre société et notre économie.

Je  reste persuadé que l’année 2016, qui s’annonce une année pleine de défis certes, sera une année durant laquelle j’espère voir tant le secteur minier qu’agricole être au cœur des enjeux économiques et sociétaux.

Je souhaite également que l’année 2016 soit centrée sur l’investissement et l’emploi.

Enfin, je remercie les partenaires de cette soirée : GRAND KARAVIA HOTEL, AIRTEL, BRASIMBA et RAWBANK pour nous avoir offert leurs meilleures collaborations.

A tous, je souhaite une très bonne année 2016, heureuse, sereine et épanouissante.

Je vous remercie.

Président Provincial

ERIC MONGA MUMBA SOMBE SOMBE